Communiqué Intersyndical de l’Isère contre le racisme

CFDT, CGT, FSU, UNSA, Solidaires

A Grenoble, le 30 octobre 2026,
L’attentat raciste et islamophobe survenu le 23 octobre 2026 à Trappes et à La Verrière nous bouleverse et nous révolte. Pengo Bossio Wangi, jeune homme de 26 ans, a perdu la vie parce qu’il était noir. Plusieurs autres personnes ont été blessées, dont une enfant de douze ans. Nous adressons nos sincères condoléances aux proches des victimes et exprimons toute notre solidarité aux familles endeuillées.

Ce crime ne peut être réduit à un simple fait divers. Il s’inscrit dans un climat où les discours racistes, xénophobes et islamophobes se banalisent, alimentés par certains responsables politiques et relayés par des médias influents. Lorsque des populations entières sont désignées comme des ennemies, lorsque la haine devient un argument politique, les conséquences peuvent être dramatiques. Les mots ne sont jamais anodins lorsqu’ils nourrissent les préjugés, légitiment
les discriminations et contribuent à banaliser la violence.

Le syndicalisme ne peut rester silencieux face à cette menace. Combattre le racisme et l’extrême droite est indissociable de notre lutte pour les droits des travailleurs et des travailleuses, l’égalité et la justice sociale. En opposant les salariés selon leurs origines, leurs religions ou leur couleur de peau, l’extrême droite cherche à détourner la colère sociale vers des boucs émissaires et à affaiblir les solidarités collectives. Or, ce ne sont pas les travailleurs immigrés qui sont
responsables de la précarité, des inégalités ou de la dégradation des services publics. Diviser les travailleurs, c’est affaiblir leur capacité à défendre ensemble leurs droits.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, notre responsabilité est donc majeure. Nous devons déconstruire les discours de haine, combattre les discriminations dans les entreprises et les services publics, défendre nos droits et en exiger de nouveaux, et rappeler que les réponses aux crises ne se trouvent ni dans le racisme ni dans l’exclusion. Elles passent par la justice sociale, le partage des richesses, la défense des services publics et l’égalité des droits.
Le syndicalisme doit prendre toute sa place dans ce combat, par l’action collective, le débat, l’éducation populaire et la mobilisation. Il lui appartient de dénoncer sans ambiguïté la banalisation des idées d’extrême droite et de défendre, avec indépendance et détermination, les principes d’égalité, de liberté et de fraternité.

Parce que les droits des travailleurs ne se divisent pas, le combat syndical pour la justice sociale est indissociable du combat contre le racisme et l’extrême droite.

rmoreira