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Offensive contre les Kurdes, l’Union européenne doit mettre fin à l’accord sur la migration avec la Turquie

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Par Yvan Ricordeau, secrétaire national de la CFDT

La CFDT condamne fermement la guerre menée par la Turquie au nord de la Syrie.

Sous prétextede prévenir la formation d’un corridor terroriste à sa frontière méridionale et avec l’objectif à peine voilé de frapper tout embryon d’émancipation du peuple kurde, la Turquie déstabilise encore plus une région déjà éprouvée par des années de guerre au détriment du droit international.

Alors que seule une solution politique en vue d’une transition démocratique peut répondre aux besoins de sécurité et de stabilité des habitants de la région, cette opération militaire turque risque d’embraser la région et d’aggraver la situation déjà critique des populations déplacées.

La CFDT se joint à l’appel de la Confédération européenne des syndicats aux leaders européens de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour arrêter l’invasion turque du nord de la Syrie.

La CFDT appelle à mettre un terme à l’accord sur la migration de l’Union européenne avec la Turquie et de ne pas céder au chantage au flux migratoire d’Erdogan.

Les valeurs européennes doivent être au-dessus des calculs politiques.

11 octobre 2019 |

Journee internationale du travail décent EN FRANCE COMME AILLEURS, IL FAUT AGIR POUR LES TRAVAILLEUSES ET LES TRAVAILLEURS !

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Ce 7 octobre 2019 est la journée internationale du travail décent. Cette journée reste indispensable pour continuer de mettre en lumière les difficultés rencontrées par les travailleuses et travailleurs sur l’ensemble de la planète, difficultés concernant leurs rémunérations, leurs conditions de travail mais aussi leur émancipation individuelle et collective dans un monde du travail où la démocratie est souvent prise en défaut.

Le thème retenu cette année « Investir dans les soins pour l’égalité de genre ». Il met en évidence la situation des femmes au travail qui sont celles qui assument le plus souvent des activités de soins, parfois de façon informelle. Cette thématique fait forcément écho à la situation actuelle en France, dans le secteur de la santé, notamment les hôpitaux et les EPHAD, dont les travailleurs, et le plus souvent les travailleuses, continuent de subir des conditions de travail délétères, qui mettent en danger leur santé et celle de leurs patients.

Toujours en France, la précarité due au contrats courts ou aux temps partiels subis génère de plus en plus de travailleuses et travailleurs pauvres, qui même en ayant une activité salariée vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Ils sont plus d’un million en France. Quant aux conditions de vie au travail et de rémunération des travailleurs des plateformes, indépendants juridiquement mais dépendants économiquement, la décence de leur travail reste à démontrer. Ils sont nombreux à subir des conditions de travail déplorables et sont tributaires des exigences posées par la plateforme dont ils dépendent.

Pour la CFDT, la journée mondiale du travail décent 2019 doit contribuer à la réflexion sur les évolutions indispensables des droits des travailleuses et des travailleurs partout dans le monde mais aussi de faire que les travailleuses et travailleurs en France puissent être acteur de leur travail mais aussi plus largement dans la société. C’est le sens des propositions que la CFDT fait au gouvernement et au Medef.

9 octobre 2019 |

Parler d’immigration : Oui, mais autrement !

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La question migratoire n’est pas un tabou, mais la manière d’en parler n’est pas neutre. L’organisation d’un débat à l’assemblée nationale lundi 7 octobre a montré que ce sujet mérite bien mieux, en y associant tous les acteurs sociaux pour sortir du strict cadre partisan.

 

Voilà des années que les gouvernements successifs partent d’un postulat selon lequel l’affichage d’une politique migratoire restrictive à l’égard des droits des migrants est la seule que l’opinion pourrait entendre, et l’unique façon de gagner des voix sur l’extrême droite. Ce postulat est un contresens, qui relègue certains enjeux prioritaires au second plan, et prive les Français de la parole de raison et du débat sincère qu’ils méritent.

 

Parler d’immigration, oui, mais pour construire une véritable politique d’insertion de celles et ceux qui ont obtenu le droit de résider sur notre territoire, pour repenser l’accueil des demandeurs d’asile et résorber les campements insalubres dans lesquels tentent de survivre nombre d’entre eux, et pour améliorer la prise en charge, dès leur arrivée sur le territoire, des mineurs isolés étrangers dans l’intérêt supérieur de l’enfant.

 

Parler d’immigration, oui, mais ceux qui travaillent au plus près des questions migratoires (les policiers, les agents des préfectures, les travailleurs sociaux mais aussi les militants) n’ont pas besoin qu’on empile les normes et les dispositifs. Ils ont besoin d’un droit lisible, applicable, bâti sur les règles éthiques qui cimentent notre société.

 

Parler d’immigration, oui, mais pour permettre aux fonctionnaires de la République d’appliquer le droit sans renier leurs valeurs et afin d’assurer l’accès aux Préfectures pour les personnes migrantes dans le respect de leurs droits.

 

Parler d’immigration, oui, mais pour faire cesser l’enfermement inutile en centre de rétention administrative de personnes qui, comme le constatent régulièrement les juges, n’ont pas à y être. De même, il faut arrêter les tracasseries dont les citoyens qui apportent une aide humanitaire sont l’objet (multiplication des PV, mise en garde à vue, accusations diverses d’entrave, de rébellion, de trouble à l’ordre publique), en respectant le principe de fraternité reconnu par le Conseil constitutionnel en juillet 2018.

 

L’envahissement ne menace pas la France, pas plus que le grand remplacement. Aucune politique ne peut être soutenable si elle est appuyée des préjugés et des peurs plutôt que sur la raison.  Alors débattons de l’immigration, mais en laissant aux extrémistes de droite leurs obsessions.

 

Le Président dit vouloir être « progressiste et pragmatique » : nous sommes prêts à proposer des solutions en ce sens, loin de la surenchère anti-immigration qui nuit à la cohésion du pays.

9 octobre 2019 |

CSE, Comités sociaux et économiques, un recul du dialogue social

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Conférence de presse du mardi 1er octobre

SOMMAIRE

 •  Introduction

 •  Quelques chiffres sur la mise en place des CSE

•  Typologie CFDT des accords de mise en place des CSE 

 •  Présentation des entreprises UES Korian, UES But et Marionnaud

 •  Les propositions de la CFDT

Dossier de presse

La CFDT constate un réel appauvrissement du dialogue social dans bon nombre d’entreprises. De nombreux comités sociaux et économiques ne sont toujours pas installés, mais il est encore temps de redresser la barre.Mis en place par les ordonnances de septembre 2017, et ayant vocation à instaurer une nouvelle organisation du dialogue social, le comité social économique est loin de tenir cet objectif. Lors de la concertation qui a débouché sur les ordonnances, la CFDT privilégiait une organisation du dialogue social modulable par accord dans l’entreprise. Le législateur n’a pas retenu ce choix qui permettait de parler de la qualité du dialogue social au lieu de se focaliser sur la question des moyens. La CFDT grâce à ses militants tient un suivi de la mise en place des CSE. L’installation des CSE a démarré timidement début 2018 et aujourd’hui encore l’objectif est loin d’être atteint : 42 594 CSE sont installés, mais nombreux sont encore les établissements dépourvus de CSE. Par ailleurs, la CFDT estime que plus de 9 CSE sur 10 sont mis en place sans accord. Baisse des moyens, perte de proximité, centralisation des instances, minimisation de la dimension santé et sécurité, éviction des suppléants, augmentation de la charge de travail des élus, voici quelques-uns des effets du CSE sur le dialogue social. D’ailleurs, le comité de suivi des ordonnances, a lors de sa séance de septembre dernier présenté les résultats d’une enquête de terrain qualitative menée par Orseu et Amnyos. Cette enquête conforte l’analyse faite par la CFDT et le bilan d’étape du comité de suivi des ordonnances réalisé en juin 2019 : une mise en place des CSE calquée le plus possible sur l’organisation actuelle, une rationalisation des moyens… La CFDT dresse le constat d’un véritable recul du dialogue social, là où la loi de ratification des ordonnances dans son exposé des motifs prônait de « mettre en place une nouvelle organisation du dialogue social dans l’entreprise et favoriser les conditions d’implantation syndicale et d’exercice de responsabilités syndicales, applicables aux employeurs et aux salariés ». Face à cette situation qui se dégrade, au dialogue social qui s’appauvrit, la CFDT accompagne les militants grâce à différents outils, mais formule aussi des propositions très concrètes.

 
4 octobre 2019 |

Sécurité sociale : la CFDT dit non au PLFSS 2020

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Par Jocelyne Cabanal, secrétaire nationale de la CFDT

Le gouvernement a confirmé son intention de ne pas compenser à la Sécurité sociale la perte de ressources de 3,3 Md€ induite par l’exonération des cotisations sociales salariales sur les heures supplémentaires, l’introduction d’un taux intermédiaire de CSG sur les revenus de remplacement et les réductions de forfait social prévues dans la loi Pacte.

Il remet ainsi en cause les principes d’autonomie et d’un financement exclusif affecté à la Sécurité sociale. La CFDT ne peut l’admettre.

Les conséquences sont immédiates : le déficit explose artificiellement et accroît la pression sur les dépenses :

  • pour la deuxième année consécutive, les prestations familiales et de logement n’augmenteront que de 0,3 %.
  • fortement mis à contribution depuis deux ans – pas de revalorisation des pensions en 2018, hausse de seulement 0,3 % en 2019, hausse de la CSG – les retraités connaîtront, pour un tiers d’entre eux, une nouvelle perte de pouvoir d’achat en 2020.
  • l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam), fixé à 2,3 %, soit la moitié de sa hausse tendancielle, maintient une pression insoutenable sur le personnel hospitalier et rend impossible d’enrayer la dégradation des conditions d’exercice qu’il subit année après année.

Certes, comme chaque année, le PLFSS contient des mesures positives comme l’indemnisation du congé de proche aidant ou la garantie de versement des pensions alimentaires.

Mais les atteintes à l’autonomie de la sécurité sociale, l’ampleur des économies réalisées au détriment de millions de ménages et des conditions d’exercice des professionnels hospitaliers conduiront la CFDT à voter contre ce PLFSS lors des consultations des caisses de Sécurité sociale.

4 octobre 2019 |
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