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Les candidats aux élections européennes répondent aux questions de la CFDT

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En amont des élections européennes, la CFDT a adressé 18 questions aux candidates et candidats pour connaitre leurs positions et propositions. Nous publions ici les réponses au fur et à mesure de leurs arrivées.

Socle européen des droits sociaux, gouvernance économique, anticipation des changements, fiscalité et finance… Les candidates et candidats ont été invités à répondre par écrit à une série de thèmes centraux pour la CFDT.

Six premières réponses ont été reçues par la CFDT :

  • Liste « Citoyenne du printemps européen » (tête de liste : Benoît Hamon)
  • Liste « Envie d’Europe écologique et sociale » (tête de liste : Raphaël Glucksman)
  • Liste « Pour l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent » (tête de liste : Ian Brossat)
  • Liste « Les Européens » (tête de liste : Jean-Christophe Lagarde)
  • Liste « Renaissance » (tête de liste : Nathalie Loiseau)
  • Liste « Europe écologie » (tête de liste : Yannick Jadot)

22 mai 2019 |

Que nous apporte l’Europe?

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Nous vivons au quotidien l’Europe, sans nous en rendre compte.

Nous sommes des citoyens européens qui ne faisons pas suffisamment attention à la fragilité démocratique, car souvent l’Europe est  vilipendée. L’abstention croissante aux élections européennes démontre un certain désintérêt ou indifférence des européens envers l’institution les représentant le mieux. Avant d’être démocratique, le déficit en Europe est éducatif. On ne forme pas à la citoyenneté européenne (civile, politique, sociale, transnationale). Les ministres revendiquent souvent les bonnes nouvelles européennes et rejettent sur la commission de Bruxelles ce qui ne leur convient pas.

Bousculée par la montée des nationalismes, le Brexit et l’euroscepticisme, l’Union européenne doit insuffler une nouvelle ambition politique. La construction d’une Europe unie a d’abord été une utopie semblant s’être perdue en route, pourtant, l’union européenne est l’espace où l’on peut critiquer son action, ou son organisation, mais elle reste une institution continentale dont nous avons besoin face aux défis mondiaux. On peut estimer que cette institution est en panne, être en désaccord sur son bilan actuel, sur son action future,  remettre en cause son existence, même s’ils sont divisés sur la façon de la faire évoluer, la majorité des Français est favorable à l’Europe (62%). 

Il faut revenir sur les avancées permises par l’Europe. Les élections européennes sont là pour nous les rappeler. Le 26 mai 2019, nous votons afin de continuer de construire  pour mieux vivre tous ensemble en Europe, afin que nos rêves puissent s’accomplir.

Les principales avancées :

  1. La Paix, depuis 1945 la France n’a pas connu la guerre, 74 ans de Paix est un acquis très précieux qui doit perdurer auprès des nouvelles générations qui n’ont pas connu les atrocités des guerres. Le cri « Plus jamais la guerre ! » a été un moteur du projet européen jusqu’à présent. Aujourd’hui, certains dirigeants politiques promeuvent le nationalisme afin de résoudre différents problèmes, ce qui ne pourra déboucher à terme que sur la guerre, car ils ont besoin pour prospérer de boucs émissaires. Notre vigilance s’impose…Ne laissons pas faire les « oublieux »  de l’histoire tragique de l’Europe.
  2. La Liberté : Depuis 1986, grâce à l’impulsion de Jacques Delors : l’Union Européenne a mis en place la libre circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux. En effet, grâce à l’Europe, nous pouvons ainsi (sauf cas spécifiques de l’Irlande et du Royaume-Uni) passer toutes les frontières des Etats membres de l’Union (dans les 26 Pays de l’espace « Schengen » depuis 1995) sans subir le moindre contrôle ou en présentant une simple carte d’identité.
  3. L’€uro, lancé en 1999 et mis en circulation en 2002, la monnaie commune de 19 pays représentant 340 millions de citoyens, permet de maîtriser l’inflation et de faire disparaître les frais de change et les dévaluations entre les monnaies.
  4. L’intégration des normes commerciales à l’échelle des 511 millions de consommateurs. L’étiquetage des produits, la défense des 3000 produits agricoles d’appellation d’origine protégée (AOP), les marchés publics…
  5. Le développement grâce au fond européen de développement régional (Feder) a permis la construction d’infrastructures importantes. Il a pour vocation de renforcer la cohésion économique et sociale dans l’Union européenne en corrigeant les déséquilibres entre ses régions. Il permet notamment de financer la recherche.
  6. La politique agricole commune (PAC) mise en place en 1962, est la seule politique européenne intégrée, ayant permis le développement de l’agriculture, face aux nouveaux défis concernant l’indépendance et la sécurité alimentaire ; l’équilibre des territoires ruraux et la préservation des ressources naturelles. Que serait l’agriculture française sans la PAC, si décriée ?
  7. Le programme Erasmus, depuis 1987, permet d’améliorer et d’augmenter la mobilité étudiante et enseignante, ainsi que la transparence et la compatibilité des qualifications dans l’enseignement supérieur et la formation professionnelle supérieure en Europe. Depuis sa création Erasmus a concerné 9 millions de personnes.
  8. Le socle de valeurs et de principes  renforçant les droits de l’Homme.  Sont considérés comme tels : la liberté, la démocratie, le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, l’état de droit, principes énoncés dans le traité sur l’Union et auxquels la Charte des droits fondamentaux, adoptée à Nice en 2000, a ajouté la dignité humaine, l’égalité et la solidarité.
  9. La Protection de l’environnement. Depuis le sommet de Rio en 1992, l’Union européenne s’est engagée à enrayer la perte de la biodiversité sur ses territoires en créant un réseau de sites écologiques nommé Natura 2000. Avec plus de 23 700 sites terrestres et marins, il s’agit du plus vaste réseau de sites protégés au monde. Le réseau de sites européens représente : 18,15 % de la surface terrestre du territoire de l’Union européenne ; 6 % de la surface marine des eaux européennes 
  10. Le Parquet européen, qui sera basé à Luxembourg aux côtés de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) et de la Cour des comptes européenne, doit débuter ses travaux au plus tôt en novembre 2020. Après l’échec des négociations à Vingt-Huit, les ministres français et allemand de la Justice ont finalement proposé en décembre 2016 d’instaurer cette instance via le mécanisme de la coopération renforcée, avec un minimum de 9 Etats. Aujourd’hui, ce sont ainsi 22 Etats membres qui sont engagés pour la création du Parquet européen. Celui-ci aura le pouvoir d’enquêter et d’engager des poursuites concernant les infractions portant atteinte au budget de l’UE, telles que la fraude, la fraude transfrontière à la TVA, la corruption ou le blanchiment de capitaux.

Mes rêves d’Europe :

  1. Une Europe de la transition écologique : fiscalité environnementale européenne, gestion des biens communs naturels guidée par l’intérêt général : air respirable, terre vivante, eau non polluée; gestion des déchets, suppression des gaspillages, développement de Natura 2000, transformation de la Politique Agricole Commune en une PAC biologique, énergies sans gaz à effet de serre, économie « bas carbone », mise en place d’un pacte Finance-climat, via le mécanisme des coopérations renforcées.
  2. Une Europe économique responsable et durable, inventant un nouveau modèle social et économique de développement, respectant les femmes, les hommes et la nature avant la finance, afin d’enrayer le réchauffement climatique. Développer un modèle européen de l’entreprise où l’utilité sociale serait un but au même titre que le profit, en associant les salariés au conseil d’administration et les parties prenantes dans une démarche de responsabilité sociale et environnementale. Mettre le service public au service de l’intérêt général. L’Europe doit être un acteur mondial de régulation du capitalisme.  
  3. Achever la construction de l’€uro, en le dotant d’une vraie gouvernance économique (parlement de l’eurogroupe, un budget, un ministre) en développant une convergence fiscale et sociale, en séparant réellement les banques d’affaires spéculatives et les banques de dépôt afin de sécuriser les avoirs des citoyens.
  4. Doubler le budget de l’Europe, (actuellement 160 M€ comparé aux 446 M€ de la France), en développant la taxe sur les transactions financières, instaurant une taxe sur le kérosène (avions) et le fuel lourd (cargos), ainsi que sur les sociétés
  5. Prendre sa part dans le défi des migrations, en organisant l’accueil dans une démarche de coopération à l’échelle de l’Europe, en réformant le règlement de Dublin, en maîtrisant humainement les frontières européennes et en augmentant l’aide au co-développement dans les pays d’émigration.
  6. Renforcer la démocratie en imposant plus de transparence dans les délibérations du Conseil européen, des chefs d’Etats et des ministres ; donner plus de pouvoir au parlement dans l’initiative législative et le contrôle de la commission ; supprimer le secret des affaires au bénéfice de l’intérêt général ; améliorer l’efficacité de l’initiative citoyenne européenne (ICE) ; instaurer un encadrement strict des interventions des lobbies et protéger les lanceurs d’alerte.
  7. Développer la formation d’une culture européenne, valoriser notre patrimoine commun européen et ses personnalités historiques, développer des programmes scolaires d’apprentissage de l’Europe : son histoire, ses valeurs, son fonctionnement institutionnel, ses défis, difficultés et réussites. Développer l’apprentissage et la maîtrise de plusieurs langues. Favoriser les jumelages, les rencontres, les voyages, afin de fortifier la citoyenneté européenne, fondée sur des valeurs  démocratiques.
  8. S’appuyer sur la jeunesse pour construire l’Europe fraternelle, en permettant que chaque jeune européen puisse bénéficier d’une bourse afin de porter un projet éducatif, professionnel, associatif, culturel ou solidaire dans un autre pays que le sien.
  9. Développer l’esprit de coopération, entre les Etats, les institutions, les entreprises, les associations, les personnes, dans un brassage intergénérationnel, en renforçant ce qui existe déjà et en réorientant nos actions vers une transition écologique par la justice sociale.
  10. Construire la Paix pour chaque habitant européen, en développant la communication sans violence, en favorisant les démarches d’égalité hommes/femmes, en laissant se développer la spiritualité laïque,  dans l’esprit de servir une Terre solidaire envers les plus démunis.

Le 26 mai, cette fois je vote !

le 26 mai, votons pour l’Europe de nos rêves, il n’y a qu’un seul tour…

L’Europe nous concerne tous !

Votons pour des eurodéputés qui promeuvent l’Europe sociale !

Contribution de Régis Moreira, militant CFDT du syndicat UTR38 – le 8 mai 2019

15 mai 2019 |

Retraites complémentaires : Ce que contient l’accord

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Les partenaires sociaux ont mis un point final au projet d’accord Agirc-Arrco. Les retraités auront la garantie pendant quatre ans de ne pas perdre en pouvoir d’achat sur la partie complémentaire de leur retraite.
Le 14 mai 2019, le Bureau national de la CFDT a décidé à l’unanimité de signer cet accord.

Vendredi 10 mai, après trois séances de négociation, les partenaires sociaux ont mis la touche finale à un projet d’accord pour la période 2019-2022 censé déterminer les règles du régime de retraites complémentaires des salariés du privé (Agirc-Arrco). Après quatre années d’efforts demandés aux salariés et aux retraités, l’heure est au retour à meilleure fortune. La bonne santé économique du régime permet en effet de revenir à des règles à la fois plus simples et plus avantageuses. La valeur d’achat du point va ainsi évoluer chaque année (de 2019 à 2022) comme l’évolution des salaires. Il n’y aura plus de mécanisme pour renchérir le coût d’acquisition des points. La valeur de service du point (c’est-à-dire la valeur du point au moment de prendre sa retraite et pendant toute la durée de celle-ci) évoluera, quant à elle, en fonction des prix. Autrement dit, les retraités auront la garantie, pendant quatre ans, de ne pas perdre en pouvoir d’achat sur la partie complémentaire de leur retraite. Une bonne nouvelle quand, côté régime général, l’heure est plutôt au gel des pensions.

Le patronat inflexible sur le coefficient de solidarité

Seul bémol, le mécanisme de bonus-malus mis en place en 2015 et qui a commencé à s’appliquer en 2019, appelé coefficient de solidarité, continuera de s’appliquer. Les partenaires sociaux n’ont pas obtenu du Medef qu’il revienne sur sa position. Le patronat en a fait une position de principe, restant inflexible pendant toutes les discussions. La CFDT, qui revendiquait la suppression de ce dispositif (pour mémoire, il s’agit d’une décote de 10 % pendant trois ans qui s’annule si le salarié prolonge son activité d’une année), n’est pas parvenue à obtenir gain de cause. « En 2015, face à la dégradation des comptes du régime, le patronat avait obtenu la mise en place de ce coefficient de solidarité, rappelle Frédéric Sève, secrétaire national et chef de file CFDT de cette  négociation. Il ne se justifie plus aujourd’hui d’un point de vue économique, mais le patronat en fait un marqueur politique, un totem. Néanmoins, nous remettrons le sujet sur la table dans les prochaines années. Ce mécanisme de bonus-malus ne doit pas être gravé dans le marbre. »

Après des discussions tendues, la négociation a toutefois permis de faire croître le nombre de salariés qui ne seront pas concernés par cette mesure. Le projet d’accord prévoit en effet que les personnes qui bénéficient de l’allocation spécifique de solidarité (ASS) et les personnes reconnues en incapacité partielle à partir de 20 % ne se verraient pas appliquer le coefficient de solidarité. En 2015, seules les personnes exonérées de contribution sociale généralisée (CSG) car touchant une faible pension, les personnes en incapacité à partir de 50 % et les personnes reconnues handicapées étaient exemptées de ce système de bonus-malus. « Avec ce projet d’accord, nous avons obtenu des avancées très substantielles en ce qui concerne la valeur d’achat et service du point, résume Frédéric Sève. Maintenir le pouvoir d’achat des retraités pendant quatre ans dans la période est une très bonne nouvelle. »

Vers un accord quasi unanime ?

Le 14 mai, le Bureau national de la CFDT a décidé de signer cet accord . À l’exception de la CGT, l’ensemble des négociateurs ont laissé entendre qu’ils étaient favorables à une signature. Même FO, qui n’était pas signataire en 2015, pourrait approuver l’accord. Une fois n’est pas coutume, cet accord sur les retraites fait presque consensus. Une sorte d’exploit dans la période.

jcitron@cfdt.fr 

15 mai 2019 |

Mobilisation unitaire le 9 mai dans les fonctions publiques

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« Après une année de concertation, après plus d’une centaine d’amendements déposés dans les trois conseils supérieurs et au conseil commun de la fonction publique, la CFDT-Fonctions publiques constate que les évolutions qu’elle a pu imposer aux intentions initiales du gouvernement ont été insuffisantes », regrette Mylène Jacquot, sa secrétaire générale. Aussi a-t-elle décidé, après consultation des fédérations concernées, de rejoindre l’appel à la mobilisation du 9 mai prochain.

Les orientations du projet de loi de transformation de la fonction publique sont au cœur de la discorde. La CFDT y dénonce, pêle-mêle, l’élargissement du recours aux contractuels, la mise en œuvre d’un contrat de projet d’un à six ans, la suppression de la compétence des commissions administratives paritaires et la fusion des comités techniques (CT) et des CHSCT. Sans oublier l’absence remarquée d’une quelconque volonté de la part du gouvernement de « rendre obligatoire la participation des employeurs à la protection sociale complémentaire », pointe la CFDT-Fonctions publiques. Si le 9 mai doit avant tout permettre de peser dans le débat parlementaire, c’est aussi l’occasion, pour les 5,5 millions d’agents, fonctionnaires et contractuels, d’exiger le respect de leur mission et de leur statut. « Ils attendent autre chose en matière de reconnaissance de leur travail et de leur engagement au service de l’intérêt général. »

23 avril 2019 |

L’Europe protège enfin ses lanceurs d’alerte !

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La directive en faveur d’un droit et d’une protection des lanceurs d’alerte vient d’être adoptée ce mardi 16 avril par le Parlement européen à une large majorité.

Avec ce texte, le Parlement européen fait avancer la liberté d’expression, la démocratie, la transparence et la défense de l’intérêt général, valeurs auxquelles la CFDT est profondément attachée. Depuis 20 ans, la CFDT est engagée en faveur du droit et de la protection des lanceurs d’alerte.

Le texte prévoit une protection harmonisée des lanceurs d’alerte dans les 27 pays de l’Union européenne. Seuls 10 Etats membres bénéficient aujourd’hui d’une protection avancée. Or, sans soutien, les lanceurs d’alerte peuvent être isolés et faire l’objet de représailles.

La directive facilite le signalement des activités illégales ou contraires aux objectifs ou finalités des législations de l’Union européenne, reconnait et protège les syndicats dans leur rôle de soutien des lanceurs d’alerte. La CFDT se réjouit qu’ils ne soient pas contraints de signaler une infraction d’abord en interne, mais puissent directement alerter en externe les autorités compétentes ou les médias.

Fraude fiscale, corruption, santé publique, sécurité : le rôle des lanceurs d’alerte est décisif. A la veille des élections européennes, la CFDT se félicite de ce texte qui fait de la protection des citoyens une priorité.

23 avril 2019 |
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