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Victimes de féminicides : agir maintenant

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Publié le 02/09/2019 Par Béatrice Lestic, secrétaire nationale de la CFDT

Le Gouvernement réunit, mardi 3 septembre, le Grenelle des violences conjugales. La CFDT accueille positivement cette initiative alors même que l’ampleur de la catastrophe s’illustre dans l’insupportable comptabilité des femmes assassinées depuis le début de l’année par leurs conjoints ou ex-conjoints : une centième victime est morte ce week-end.

La CFDT salue le travail des associations qui œuvrent quotidiennement sur le terrain et assurent l’accueil, l’accompagnement ou encore l’hébergement des victimes. Toutes ont déjà fait de nombreuses propositions pour lutter contre les violences conjugales et les féminicides.

Au-delà de la nécessaire concertation, le Grenelle doit être le temps des engagements : à travers le renforcement des politiques publiques, la mise en place d’un plan d’action interministériel (police, gendarmerie, justice, santé, social) et une augmentation significative des financements pour permettre aux associations de pérenniser et développer leur action.

La CFDT rappelle que la souffrance et les difficultés des victimes des violences conjugales ne restent pas aux portes des entreprises et des administrations. L’OIT a d’ailleurs adopté en juin dernier une convention portant des recommandations explicites. Nous sommes dans l’attente d’une concertation tripartite dans le cadre de la ratification et de la transposition des dispositions de cette convention.

4 septembre 2019 |

Réforme des retraites : Une nouvelle concertation s’engage

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La réforme des retraites va marquer la rentrée sociale 2019. Après avoir rendu publiques les préconisations du rapport Delevoye le 18 juillet dernier, le gouvernement ne semble pas vouloir ralentir le rythme.

Les 5 et 6 septembre, le Premier ministre recevra l’ensemble des partenaires sociaux pour lancer une nouvelle phase de concertation et ainsi préparer la rédaction d’un projet de loi prévu à la fin de l’année. En parallèle, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, vient d’annoncer l’organisation d’une consultation citoyenne sans donner plus de détails. « Après cette rencontre, nous devrions avoir une vision plus précise des intentions du gouvernement, à la fois sur le calendrier et sur la manière dont il compte travailler avec nous, espère Frédéric Sève, secrétaire national de la CFDT. Le rapport Delevoye constitue une base de travail solide sur laquelle les discussions peuvent s’engager pour construire ce nouveau régime universel. Toutefois, si nous avons souligné la qualité de ce travail, de nombreux points nécessitent encore d’être précisés ou revus. »

Les points de vigilance

Si la CFDT partage l’ambition de créer un régime universel, elle reste en effet vigilante à ce que cette réforme soit bien l’occasion de créer un système plus juste qui prenne mieux en compte la pénibilité du travail et s’attaque à la question du minimum de pension. Par rapport aux préconisations du rapport Delevoye, la CFDT revendique notamment qu’une carrière complète conduise à une pension au niveau du Smic alors que rapport ne parle que de 85 %. L’instauration d’un âge d’équilibre collectif à 64 ans, différent de l’âge de départ légal à 62 ans, a été dénoncée d’emblée par la CFDT comme inutile et injuste. Enfin, la concertation qui s’annonce doit préciser la durée de la période de transition entre les deux systèmes et garantir que les droits acquis par les salariés au cours de leur carrière soient bien conservés.

Alors que plusieurs organisations syndicales appellent déjà (en ordre dispersé) à la grève ou à la manifestation en septembre (les pilotes le 16 septembre, FO le 21 septembre, CGT et Sud Rail le 24), la CFDT continue de faire le choix de la concertation. « Il y va de notre capacité à faire évoluer notre système de protection sociale pour qu’il soit plus juste et plus solidaire », rappelle Laurent Berger.

jcitron@cfdt.fr

4 septembre 2019 |

Hong Kong : Défendre les libertés

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La CFDT joint sa voix à celle de la Confédération Syndicale Internationale et à celle de la Confédération des syndicats de Hong Kong (HTCTU) pour que cessent la répression et les violences policières à l’égard des manifestants qui pacifiquement depuis le mois de juin réclament inlassablement plus de liberté et de démocratie.

Solidaire des syndicalistes de Hong Kong, il est, pour la CFDT, primordial de respecter la liberté de réunion et d’expression. Nous exigeons avec eux la libération des manifestants arrêtés et une enquête indépendante sur les violations des droits de l’homme commises par la police.

À Hong Kong, comme partout dans le monde, la CFDT défend les mêmes valeurs, les mêmes libertés, les mêmes droits.

C’est pourquoi la CFDT soutient les revendications de la HKCTU : le retrait de la loi sur l’extradition ; la libération des manifestants arrêtés sans inculpation ; le retrait par les autorités de la qualification « d’émeutes » des manifestations du 12 juin ; une enquête indépendante sur les violences policières et les abus de pouvoir ; et le recours au suffrage universel.

L’escalade de la violence doit cesser pour laisser place au respect des droits et des libertés.

La CFDT appelle l’Europe à exprimer cette exigence auprès des autorités et elle adresse également une lettre à l’Ambassade de Chine à Paris.

4 septembre 2019 |

Pacte du pouvoir de vivre : Le Premier ministre annonce un changement de méthode

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Publié le 27/08/2019 Par Didier Blain

Les 19 organisations signataires du Pacte pour le pouvoir de vivre (31 supplémentaires l’ont rejoint depuis), dont la CFDT, étaient reçues, à leur demande le 27 août au matin par le Premier ministre à Matignon.

Le but était de faire le point sur les mesures d’urgence préconisées dans le cadre du pacte. Ces mesures portent sur les points suivants : les logements indignes, l’impact des politiques publiques sur les plus pauvres, le relèvement des minima sociaux, un projet de loi de finance écologique et social, un projet de loi solidaire, des demandes d’asile pour les migrants, des mesures pour le grand âge, une généralisation des maisons de services au public.

« Le Premier ministre a annoncé un changement de méthode et des rencontres régulières avec les ministres concernés par les différents sujets. Mais nous attendons maintenant des actes concrets », a déclaré Laurent Berger à l’issue de cette rencontre. Ce que confirme Christophe Robert, le délégué général de la Fondation Abbé-Pierre : « Le gouvernement a ouvert la porte. On a un calendrier de travail avec le Premier ministre et les ministres présents à cette réunion [Santé, Travail, Écologie et Transports] pour les trois mois à venir sur les retraites, la transition écologique, l’autonomie des personnes âgées. Mais sur nos urgences comme les minima sociaux, les passoires énergétiques, le gouvernement n’a pas dit qu’il allait mettre davantage de moyens. Donc on reste vigilants. »

Un Tour de France du Pacte

Auparavant, les 19 organisations avaient eu un long échange de plus de deux heures avec Édouard Philippe au cours duquel Laurent Berger a appelé le gouvernement « à co-construire des politiques » avec les organisations du Pacte du pouvoir de vivre car « sur tous les défis auxquels la France est confrontée, nous avons une expertise et une capacité de mobilisation et peut-être même d’entraînement. »

Le secrétaire général a annoncé la mise en place prochaîne d’un Tour de France du Pacte qui sera l’occasion « de rencontres avec les citoyens (pour débattre et les associer) mais aussi des élus locaux pour qu’ils s’engagent à mettre des propositions du Pacte dans leur programme pour les municipales. » Enfin, il a redit l’objectif du Pacte « de redonner de la force et des perspectives à l’action publique, à la mobilisation collective sans laquelle un pays n’a pas d’avenir » mais pour cela « nous avons besoin d’un engagement symétrique de la part du gouvernement », a-t-il conclu.

dblain@cfdt.fr 

4 septembre 2019 |

« Réforme des retraites : l’exécutif face à ses responsabilités ».

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Ce jeudi 18 juillet 2019, Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire à la réforme des retraites (HCRR), a présenté aux partenaires sociaux ses préconisations sur la réforme des retraites avant de les remettre au Premier ministre. Ce moment marque la fin d’une première étape de la concertation initiée il y a plus d’un an et dans laquelle la CFDT a pris toute sa part.

La CFDT revendique une réforme globale du système de retraites depuis de nombreuses années. La parole de la CFDT tout au long de la concertation s’est appuyée sur les 120 000 répondants de l’enquête Parlons Retraites, traduits dans le Manifeste pour les retraites, publié en octobre dernier. La CFDT souhaite souligner la qualité de la méthode choisie qui a permis de prendre le temps de la discussion. Le débat a été constructif et de qualité, et l’écoute a été réelle. Le premier résultat de cette concertation est de montrer qu’ilest possible de construire une réforme de cette ampleur sans mesures punitives. Le système envisagé, plus contributif et plus juste, doit profiter aux travailleurs les moins favorisés, ceux qui ont les carrières les plus heurtées et les moins dynamiques. Il reste cependant à préciser le processus exact de transition et de garantie des droits acquis. C’est maintenant au Gouvernement de se prononcer sur la réforme qu’il veut conduire, et de décider s’il veut saisir l’occasion pour répondre à lademande de progrès social que porte la CFDT. Plus particulièrement, il devra se prononcer sur : – Une prise en compte complète de la pénibilité au travail. Il s’agit d’un élément essentiel de justice sociale : nous ne serons pas tous égaux devant la retraite tant que nous ne serons pas tous égaux devant le travail. La retraite est liée au travail, mais nous ne sommes pas tous égaux devant le travail. La CFDT restera mobilisée pour que cette question soit abordée.

– Le développement de la retraite choisie et progressive. L’aménagement des fins de carrières est une revendication partagée par l’ensemble des salariés, parce qu’on ne travaille pas à 60 ans de la même manière qu’à 30 ans.

– Un effort soutenu en direction des basses pensions. Porter le minimum de pension à 85% du SMIC ne pourra suffire pour répondre aux inégalités et aux discriminations qui persistent sur le marché du travail, notamment en défaveur des femmes.

Par ailleurs, la CFDT se félicite de l’intention du Gouvernement de ne pas insérer dans le projet de financement de la sécurité sociale pour 2020 de mesures paramétriques visant notamment à accélérer la réforme Touraine. Cette intention restera à confirmer à la rentrée. Par ailleurs, si le retour à l’équilibre du système de retraites en 2025 peut être visé, la CFDT estime que cela ne nécessite pas de mesures paramétriques: le déséquilibre du système ne provient pas d’une non maitrise des dépenses, mais de ressources qui ont diminué du fait de choix indépendants du système de retraite.

La CFDT réaffirme son opposition à la mise en place dans le nouveau système de retraites d’un âge de référence collectif uniforme, quelle que soit la carrière du salarié, ce qui serait injuste et injustifié.

La CFDT se satisfait du travail collectivement accompli jusque-là. Mais elle continuera de peser dans la deuxième phase de concertation qui va s’ouvriren amont de l’écriture du projet de loi. Elle y portera son exigence de justice sociale particulièrement en faveur des plus pauvres, des femmes et des jeunes et s’attachera à la création dans cette réforme de droits nouveaux dignes de la retraite duXXIème siècle.

18 juillet 2019 |
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